J’ai appris récemment qu’un supermarché 100% biologique avait ouvert ses portes le 6 décembre dernier à Chartres : Naturéo.  Bonne nouvelle non ? à vrai dire, je doute.

Le point positif est que le “bio” se démocratise. Malheureusement, cela se fait sur les modèles de nos grandes surfaces traditionnelles (source) :

Inspiré par l’américain Whole food market, ce nouveau supermarché expose 14 500 références sur 1 000 m². “Du jamais vu dans l’univers du bio” souligne LSA puisque, en moyenne, les magasins spécialisés (Biocoop, Naturalia, Les nouveaux Robinsons, La vie Claire…) s’étendent sur 150 m². Une vaste surface qui permet de proposer une offre complète : fruits et légumes, surgelés, épicerie, boucherie, boulangerie, mais aussi cosmétiques, produits d’entretien, textile … Toutes les étiquettes sont pédagogiques, histoire de ne pas décourager les néophytes et les 21 vendeurs, ont été spécialement formés “bio” pour mieux conseiller les clients.

L’architecture d’implantation des rayons s’inspire, quant à elle, des schémas traditionnels de supermarchés. « Une signature qui peut facilement se décliner », souligne Céline Chevau qui s’est occupée du projet pour l’agence.

Rendez-vous compte ! un supermarché dans lequel on trouve de tout ! des tomates bio et des poivrons bio toute l’année !

Je ne m’y retrouve plus, même dans ma biocoop plutôt “familiale”. Entre “carrefour-bio” et “super-bio”, il n’y a qu’un pas. A quoi bon acheter des produits biologiques, certifiés AB, s’ils ont été produits à des milliers de kilomètres, hors-saison, et surtout dans des conditions où les producteurs ne s’y retrouvent plus ? (à lire le billet de madeinearth)

Alors je pense de plus en plus à un achat direct chez les producteurs du coin, voire à auto-produire certains produits (pain par exemple). Quoi qu’il en soit, j’y pensais depuis longtemps.



13 Responses to “Je ne m’y retrouve plus”  

  1. 1 cerise

    c’est pourtant l’avenir du bio, le seul même puique les superettes sont dépassées elles aussi ( je n’évoque même pas les petits magasins dits bio) moi non plus, je ne m’y retrouve plus, mais ça plus longtemps que toi et par rapport à tout ça je ne suis guère plus avancée.
    Les producteurs, tant mieux si tu en trouves près de chez toi, et quant à faire son pain et la plupart de ses produits, se passer du reste superflu, ça c’est une piste très intéressante tu verras.

  2. Un supermarché bio, c’est un supermarché avec des produits bio. Bref ça a tous les inconvénients des supermarchés sauf un. On peut donc citer : affaiblissement du commerce local, publicités, suremballage, nécessité d’utiliser la voiture, incitation à la consommation, défiguration du paysage, emplois précaires ?, incertitude sur les produits (bio, mais d’où ? dans quelles conditions ont-ils été produits?) …

    Je ne vois vraiment pas en quoi les grandes surfaces seraient l’avenir du bio …

  3. 3 cerise

    je m’explique : c’est en tous cas la voie qui avait été choisie et approuvée unanimement dans les années 90, je l’avais lu à l’époque dans une revue qui n’existe plus et qui s’appelait “les réalités de l’écologie” que je distribuais dans feu mon petit négoce coopératif bio, je me souviens leur avoir illico répondu en me désabonnant que puisque les grandes surfaces étaient l’avenir de la bio, autant qu’ils aillent y proposer leur journal…
    je maintiens que c’est donc l’avenir économique du “bio”, terme à considérer non pas en fonction de nos critères à nous ( proximité, petits producteurs, écologie, équitable, et autres valeurs associées plus ou moins avec raison ), mais en fonction de ce que c’est devenu, un énorme business.
    le “bio” dont on rêve, il est à redéfinir, biensûr qu’il n’a pas sa place en grande distribution, mais je doute que l’autre “bio” officiel ne veuille faire machine arrière.

  4. 4 Claire et Greg

    C’est exactement ce que pointait le Canard enchainé de la semaine dernière. Au Grenelle de l’Environnement (vous savez, la farce de l’automne dernier ?), on nous a vendu 20% de bio dans les collectivités mais on n’apporte pas plus de soutien à l’agriculture bio en France, on va importer de plus en plus et de plus en plus loin. Effectivement, on mangera mieux mais on continuera à foutre la planète en l’air.
    Quant à la production locale, elle n’a parfois rien à envier à l’agriculture bio (faut pas généraliser non plus) puisque certains producteurs n’ont pas de quoi investir dans le label bio/ecocert alors qu’il produise en respectant toutes les règles imposées.

  5. Nous sommes, je pense, bien d’accord cerise et madeinearth. Le bio va être vendu dans des hypermarchés-bio… c’est malheureusement l’avenir du bio, même si cela n’est pas un bonne nouvelle.
    Pour la production locale, je suis d’accord avec vous Claire et Greg : je connais des producteurs, soucieux de leurs produits, n’utilisant aucun pesticide, ayant une certaine “éthique”, mais qui ne sont aucunement labellisés. Lorsque la confiance entre producteur et acheteur existe, un label reste superflu.

  6. 6 Mema

    Et il y a aussi des producteurs locaux, qui ne sont pas bio, mais qui ont une pratique respectueuse de leur profession, de leur environnement, de leur santé et de la notre, et qui utilisent, seulement quand cela est impérieusement nécessaire, des traitements chimiques.
    Attention au bio poudre aux yeux… les supermarché en sont un bon exemple, mais pas le seul malheureusement…

    A titre d’exemple, les œufs et les poulet que je produit pour ma consommation personnelle ne peuvent prétendre à une labélisation bio car je nourrit ces animaux avec du grain produit localement mais pas bio; pourtant le gout et la qualité sont nettements différents. cela vient de la pratique d’élevage qui est raisonné.
    A contrario, je prendrais l’exemple des engrais organiques qui sont acceptés dans les cahiers des charges des exploitations bio, et qui sont fabriqués à partir de sang et d’os broyés d’animaux qui ne sont nullement issu d’exploitation bio ou raisonné.

    Eeunded, tu as raison, seul la proximité et le dialogue avec un producteur local te permettra d’identifier une agriculture paysanne.

    Désolée pour le roman, bon fin de journée.

  7. 7 Caco

    Je suis perplexe sur l’avenir du bio. Si vraiment tout le monde s’y met, comment les petits épiciers bio vont-ils gérer l’affluence ? Vous imaginez le public d’Aux-champs (le si mal nommé) du samedi, faire la queue devant la biocoop ? ;)
    Que la surface soit grande n’est pas en soi ce qui me gêne (c’est sûr il faut prendre la voiture, en même temps je me vois mal aller chercher notre semaine d’e nourriture en vélo – enfin y aller ça va mais en revenir ?). Il y a aussi des petites surfaces bio qui font venir leurs produits de partout dans le monde. En fait, rares sont celles qui s’en tiennent aux producteurs locaux. Je n’en ai connu qu’une, en 4 ans de sillonnage des échoppes bio dans 3 départements. C’était à Albi, et pendant 2 mois de l’année il n’y avait AUCUN légume. Parce que c’est comme ça chez nous, la disette verte entre la fin de l’hiver et le début du printemps ! Par contre ils importaient des agrumes et bananes, et quelques légumes au compte-gouttes (pour ne pas perdre une certaine catégorie de clientèle) et pour ma part j’ai appris à cuisiner les légumineuses, algues et graines germées ;) .
    Bref. Je ne pense pas que la véritable question soit la taille de la surface, mais le changement des méthodes des grands distributeurs. Ces méthodes qui leur assure aussi la pratique de bas prix. L’avenir du bio c’est aussi la hausse des prix, ne nous leurrons pas… quant à revenir à la fabrication / l’exploitation de produits maison, ce qui nous attend c’est le creusement du fossé entre ceux qui n’ont même pas un balcon pour faire pousser du thym, et ceux qui ont un jardin dans une ville moyenne où ils peuvent en outre se passer de voiture…

  8. 8 cerise

    les petits épiciers bio ( sauf reconverties dans le “pointu compléments alimentaire etc) perso, je pense qu’il n’y en aura plus, le problème est donc réglé. c’est un secteur qui se professionnalise de plus en plus. une solide formation en gestion est nécessaire, le reste, les enseignes et les centrales donnent la marche à suivre et les clients suivent…
    les centrales d’achats, les grossistes se partagent ( se disputent plutôt) un marché qui se mondialise de plus en plus, échappant totalement aux idées fondatrices du départ du mouvement bio,si si il y en avait au début, c’était d’ailleurs un peu ce que nous recherchons nous maintenant, le rêve perdu quoi.

    ce qui m’a amusée cet été dans une bioc… du sud-ouest, c’est de voir que, comme au supermarché on a les affichettes d’appel, là c’était les rares produits de provenances locale qui étaient mis en vedette par un petit panneau (ce qui n’empêcgait pas les panneaux promos ailleurs ;-) ) il aurait nettement falu retrécir les murs s’il n’y avait eu que cela à vendre !!
    mais cela prouve que les produits locaux sont désormais bien côtés et que ce type de négoce en a besoin pour renforcer son image de marque. ça n’était pas du tout le cas il y a qques années où il n’y avait pas de prise de conscience des clients par rapport à ça.
    Alors que je pensais qu’il était payé par cette enseigne dans un certain délai ( normalement un magasin paye à 15 ou 21-30 jours ) un producteur m’a dit que la bioc… qu’il fournissait lui payait cash ses produits.
    c’est sympa pour lui :-) )

  9. 9 Eric

    Pour une fois, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi.

    Je fais aussi parti du petit groupe des clients biocoop. Comme tu le dis, c’est familial et tout le monde se sourit, se salue. Le vendeur prend le temps de t’expliquer et de te faire découvrir d’autres choses. MAIS, je l’avoue j’ai commencé à acheter du bio en grande surface (Mea maxima culpa) pour arriver ensuite au petit biocoop de quartier.

    La vente de bio en grande surface peut, est j’en suis un exemple, amener les gens à comprendre pour ensuite aller ailleurs comme au marché, aux AMAP, au petit magasin bio.

    Mais pour les autres consommateurs bio souhaitant continuer à acheter seulement en grande surface, ils influent aussi sur la demande de qualité. Si elle augmente, les supermarchés seront demandeurs de bio et vont alors pousser à une plus grande production nationale. On pourrait avoir un pays plus propre. En Autriche et en Italie, le bio est une gamme courante en supermarché.

    Je reste un ardeur défenseur du petit biocoop de quartier pour la qualité de ses produits, pour la chaleur des gens que j’y rencontre. Mais il en faut pour tout le monde et l’objectif, n’est-il pas de moins polluer et de manger mieux?

  10. Eric, je suis d’accord avec toi sur le principe, mais merci de ne pas étendre le terme “biocoop” à l’ensemble des petits magasins qui vendent du bio ( petits ou plutôt grands d’ailleurs ;) ) ça n’est pas un synomyme de “magasin bio” mais biocoop est un terme déposé désignant aussi les magasins membres d’une immense coopérative d’achats bio ( pour simplifier, c’est un genre de franchise) et le terme ne s’applique qu’aux membres de ce réseau, qui ne sont pas forcément des magasins coopératifs non plus ( mais c’est un autre sujet !) désolée pour le HS, je sais il n’y a guère que moi que ça peut encore choquer, mais j’avais besoin de le signaler ;-)

  11. Salut Eeunded !

    Concernant la référence à Whole Foods Market, je peux me permettre d’en parler puisque c’est un magasin que j’utilisais lorsque j’étais aux USA !
    J’en étais très content à plusieurs niveaux :
    - Si on ramenait ses sacs, 10c$ par sac étaient remis à une association sociale ou environnementale locale
    - les poissons de l’étalage suivaient les recommendations et donc on ne trouvait pas de poisson dont les stocks sont en surpêche par exemple !
    - Une grande part des produits ( pas tous, c’est vrai, mais ce n’est pas le cas non plus en biocoop ) étaient des produits locaux
    - aucun produits “chimiques” dans les produits d’entretien qu’ils utilisent !
    - Une grande part du magasin était laissée aux produits en vrac ( pates, riz, céréales, lentilles, huile d’olive … ) et donc : pas d’emballages ( juste un sac … réutilisable !
    - des mini-stages étaient proposés régulièrement sur le jardin, le compost, le tri sélectif etc
    J’en oublie certainement !
    Mais je peux garantir que si ce magasin est sur le modèle de Whole Foods Market, alors on est loin du carrouf’ que l’on trouve en France …

    Voilà ce que je pouvais dire sur le sujet .. ;-)
    @ bientôt
    Admin – Eco-Citoyen.org =)

  12. Et bien je ne trouve pas qu’en soit l’apparition de supermarché bio soit une mauvaise nouvelle… Si demain toutes les grandes surfaces venaient à disparaître je doute qu’il soit possible d’alimenter toute une métropole comme Paris simplement grâce a l’agriculture locale et à des supérettes bio. Il ne faut pas se leurrer l’agriculture bio ou raisonnée (comme le dit Mema) française peut sans doute subvenir à des petites villes ou villages, mais pas à des grandes villes. Le supermarché raisonné voila se qu’il faut. Où les produits sont de saisons, équitables lorsque venant des pays chauds (bananes, ananas, caffé, cacao, et on ne peut décidément pas supprimer ces produits riches en énergies grises, car alors on ne laisse aucunes chances aux pays du tiers monde de développer leurs richesses naturelles) où les transports sont soigneusement étudiés (ferroutage) ou les employés sont honnêtement rétribués pour leur travail…
    J’ai deux exemples. Le premier c’est aux US, (et je rejoins totalement eco citoyen sur le sujet) je vais à Earth Fare un super marché qui fait beaucoup de bio, de locale mais un super marché et je suis absolument pour que des structures telles voient le jour en France et en Europe. Cela s’appelle démocratiser le bio, l’équitable. Une grande structure pourra pratiquer des prix plus avantageux car peu commander en plus grande quantité. Tous le monde ne peu pas manger bio locale et faire ses courses dans un petit magasin de proximité. Et l’argument si je le fais pourquoi pas les autres ne marche pas.
    Le second exemple c’est en Italie avec la coop. Les produits sont majoritairement made in Italia, peux de made in china, le bio et l’équitable est abordable…
    Je ne suis pas pour remplacer les petits magasins bio, ils auront toujours leur utilité. Mais je suis absolument pour des grandes surfaces bio équitable locale et sociale. Il suffit que ces surfaces soient gérées intelligement.

  13. 13 eric

    Tout est contestable!! Vous ètes des contestataire idéalistes. Un supermarché BIO mais quel avancée!!!!! vive le bio et vive la grande distribution qui malgrés une minorité perturbatrice permet au monde qui nous entoure d’évoluer. Vous critiquez si bien, mais quel sont donc vos solutions pour faire manger bio à nos enfant? Il faut cesser de parlementer mais il faut agir!!!!!!!!!!!!!


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